UNE GROSSE PAIRE DE RAY BAN

J’ai toujours rêvé de faire un film où le spectateur verrait les images à travers une paire de ray-ban.

L’outillage hype du beauf par excellence, la paire de ray ban… L’horreur absolue… Des narines de nègre sur le museau… Autant rouler une pelle à Basile Boli directement…

Et à votre avis, quel corps de métier est le plus prompt à porter le déguisement favori de Francis Poncherello et d’Erik Estrada ? Nan c’est pas les coiffeurs … Nan c’est pas les plombiers … C’est les schmidts, bien évidemment.

Donc, puisque je ne connais pas de riches producteurs juifs pour réaliser mon film, j’ai décidé de me faire mon film pour moi tout seul et de me transformer en Ray Ban de flic pendant une bonne douzaine d’heures. Voici un résumé du scénario palme d’or de ma tête.

« -     Hé dit dont Maurice, t’as vu la gueule de l’aut’ pédé qui roule en peugeot 104 vert foncé ?

-          Owhé dit dont hé l’aut’ hé hohohoho hé dit dont hé l’aut’ hohohoho !

-          Hé t’sais quoi Maurice ? J’suis sur que ce salopard il touche aux p’tits mioches du coin …

-          Rhooo ? Rho beh … Rhooooo …

-          T’as raison Maurice, je vais le signaler aux directeurs des écoles, c’est plus prudent ! »

Après avoir inventé un passé d’agresseur sexuel au quidam, les deux gendarmes ont envoyé le signalement à trois écoles pour qu’ils mettent en garde les parents d’élèves des méfaits potentiels du voyou local.

Un peu plus tard, à proximité d’une école, un homme en accoste un autre :

«  - Hé vous, j’vous r’connais ! T’es l’salopard qui martyrise nos gamins ?

-          Désolé monsieur mais vous devez faire erreur …

-          C’est ça ouais connard, je les reconnais moi les peugeot 104 vert foncé ! PEDOPHILE !

BAM »

L’accusé à pris une grosse droite dans la gueule qu’il n’a pas volé.

Un peu plus tard, à proximité d’une autre école …

« -    Hé m’sieurs m’sieurs, j’vous r’connais, c’est toi qui donnez de l’amour aux enfants ?

-          Heu … non mon petit tu dois te méprendre …

-          Si, si j’te reconnais m’sieurs, je les reconnais moi les peugeot 104 vert foncé ! J’peux t’sucer la bite m’sieurs ? »

Le coupable ne se fera pas astiquer par le jeune Bruno. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que le coupable n’en était pas un.

Plus tard, le télephone de la gendarmerie vint rompre le silence ambiant :

«  - rrrArrLrrO ?

-          Oui Bonjour Hervé Serpillère du parquet de Bayonne, dites moi messieurs, c’est quoi cette histoire de faux pédophile ?

-          RrBrErrN Crr’ESTrr PrAS D’NrrOTrrRrrE FrrAUTrrE Mr’Rsieurs l’jUrrGrE, C’EST PrArCQU’ON Arr TrOP BrUrTrE AVrrEC MrArUrIrCrE . »

De ce film je retiendrai deux choses. Lorsqu’on veut frapper quelqu’un, accusons le d’abord de pédophilie, les autres s’en chargeront. Car les parents d’élèves, c’est comme les journalistes, ils n’appliquent jamais la double information.

Puis, lorsqu’on est pédophile, il faut éviter de rouler en peugeot 104 vert foncé, conseil d’expert !

 

J.L.L

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