Habiter mon corps

Le soir elle rentre stressée par son boulot, sans envi de communiquer avec des humains et encore moins avec son mari qu’elle toise du regard. Alors, elle siffle et son chat accourt.


 

Il lui saute sur les genoux.

Elle le regarde tout en le caressant et plonge  aussitôt en lui ses doigts durs, crispés d’une journée de travail.

La bête sursaute et bien que parfaitement éduquée  tressaille dans les serres du prédateur.

Progressivement, elle accède à la chaire puis aux organes : l’animal décède.

Paradoxalement, à la télévision les  journalistes annonces son grand retour avec fracas.  « Mesdames, mesdemoiselles, vous n’en croirez pas vos yeux, cette année nous recevons un invité spécial, dangereux, lunatique et fascinant, seules les plus téméraires d’entre vous pourrons le porter et toucher sa douceur et son élégance, y a-t-il des volontaires dans la salle »

Les vielles bourgeoises appelées «les  aigles bourgeoises » s’agitent.

Vous  l’aurez  compris, le truc, c’est jaune à points noir, c’est sauvage, ça miaule, c’est félin et ça rend pas mal avec un pantalon en cuir noir et de belles bottes roses.

Ce n’est pas le retour du chat qui est bel et bien mort mais celui du léopard.

Le code léopard fait son grand retour pour cette été, les gens auront peut être chaud mais ils seront bien habillés de haut en bas  car, la bête habille bien.

La mère Michelle veut du poil pour l’hiver, elle en aura et plongera ses couteaux de doigts dans la forure inerte sans risque de tuer (hé non, c’est déjà mort) pour en découdre avec la mode.

Un beau sac, de douces ballerines, une jupe matou, un manteau avec oreilles et babines…au choix mais attention quand même, l’accumulation abusive de ses peaux vous fera ressembler mes dames  tantôt au trappeur tantôt à la bête.

Parallèlement, François pourrait être blasé, rancunier, agressif, il n’en est rien malgré son cancer de la peau. De larges taches noires et jaunes teintes son visage eurasien.

Dentier en bibine (manière d’avancer le menton) crânement posé sur le sol il ressemble quand il dort près de la cheminé à l’un de ses tapis Perse aperçu dans les célèbres péplums.

Et rêve quand il aperçoit de vieilles bourgeoises, des punk funkys de 16 ans insolentes qui le dévisagent comme un lépreux d’être une de ses fourrures qui font fureur et d’être porté en string et en écharpe.

Malheureusement si Antoine est une tortue et Julien un lièvre, François lui est un humain et non pas un léopard, seul son visage cancéreux peut donner à un regard artistique une ébauche féline.

« L’ère de la performance, le règne des apparences. » François Léotard

Gourou Génital

gourou; génital; léopard: léotar

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