art contemporain

Art de la merde

« Quand les artistes chient, c’est de l’art ».

Il parait… A en croire Manzoni. Mais vous savez très bien que leur pratique n’est en fait qu’une simple question : « êtes-vous cons ? ». Et en grand troupeau, on répond « oooh ouiiiiiii !!! Nous êtes cons !!!». Manzoni s’est fait traiter d’artiste de merde. Il répond en enfermant trente grammes de merde dans quatre vingt dix boîtes de conserve, vendues selon la valeur du cours de l’or. Les gens achètent (acheteurs de merde). Leur curiosité les pousse à ouvrir pour vérifier que la crotte trône dans le coffret, mais ils savent que s’ils ouvrent, la merde perd son aura en dévoilant son odorat (vous connaissez la vie de luxure des artistes, alors imaginez une merde un lendemain de cuite après trois heures de sodomie, le tout macéré en conserve).

Le 12 du moi se veut être un journal de le humour, qui veut sortir des sentiers battus de le humour, sans être démago de le humour. Autant dire que plutôt que d’essayer de faire rire un bon nombre de personnes, ils nous convainquent que s’ils se font rire tout seul c’est déjà pas mal. Mais on sait tous qu’il y a une part de provocation engendrée pour faire rire autrement, rire d’autre chose. Et après cela, ils jouent à ceux qui ne comprennent rien et qui balancent ? Ah ah ah, laissez moi rire ! Le humour de le 12 du moi ne vaut pas mieux que l’art contemporain.

Le meilleur avec les discussions sur l’art, c’est que ceux qui en parlent le plus c’est ceux qui n’y comprennent rien ou ceux qui s’y connaissent trop. Où est passée la partie plaisir de la vue, plaisir des sens. On doit se tenir à un mètre des chefs d’œuvres des musées, ne pas les toucher, être enfermé entre des murs blancs, se presser devant les plus célèbres en suivant la foule, prendre des photos pour dire « je l’ai vu » même si on ne l’a perçu qu’à travers son écran LCD. Le goût de l’art pour beaucoup n’est qu’un phénomène de société, pratique croissante du « prout-proutisme », doublée de vocabulaire spécialisé et d’abréviations pompeuses.

« Cet acheiropoïète sainte face demeure à tout jamais sur la saint suaire de Turin »

« ces shoot sont sousex’, monte en iso ou balance le 2kg »

«Quelle intensivité dans la figure! Quel beau portrait d’arbre ! »

« Pensez vous que le pyjama a été inventé avant ou après le chauffage électrique ? »

Bande de moules, sortez vous les doigts du cul ! Vous comprendrez en quoi balancer des poutres métalliques dans du ciment frais est passionnant, pourquoi faire du boudin avec son sang (à manger devant les feux de l’amour) est fascinant ou encore pourquoi jeter de la peinture sur une toile est remarquable et fondamental. L’ouverture des chattes s’est faite depuis quelques décennies. A quand l’ouverture et la mise en route de vos petites têtes ? Arrêtons de penser aux nécessités, aux besoins que l’on se crée. Pensons au plaisir, ouvrons nos esprits à des futilités. Vous serez ouverts et heureux. (ouaiiiiiis !!!)

Combien de personnes ont vu, aimé et compris l’enjeu du film « 127 heures » de Danny Boyle ? « Oh l’horreur, je compatis, le pauvre homme a du se couper le bras pour survivre » Combien de personnes ont vu, aimé et compris l’enjeu de la performance « action sentimentale » de Gina Pane ? « Quelle folle de se faire du mal pour rien »

Suzy Salass' 

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